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Agenda

 

Coline Theron présente

 

 Apport physico-chimique des matières colorantes à la compréhension des peintures schématiques holocènes

 

Mercredi 18 mars 2026 à 14 h 00

Salle des séminaires – Bâtiment A – CNRS

La présentation sera faite en français.

Lien visiohttps://univ-grenoble-alpes-fr.zoom.us/j/91220469627?pwd=tehv6GicXUwb0vQcOwi1p1qXEpCKYm.1

 

Résumé : La datation, la compréhension des savoir-faire et des pratiques sociales associées au corpus schématique, et en particulier aux peintures, qui constituent le cœur de cette recherche doctorale, restent très fragmentaires. Le matériel archéologique associé est généralement absent ou minimal, la matière utilisée est essentiellement décarbonatée, et ces peintures sont principalement situées en milieu ouvert, où les dégradations (desquamation, lessivages, dépôts, actions humaines) sont nombreuses. Par ailleurs, la localisation et l’accessibilité aux sites et aux parois sont souvent ardues. L’ensemble de ces éléments constitue des verrous majeurs pour l’investigation scientifique.
Cette thèse interroge la composition des matières picturales utilisées pour la réalisation de ces peintures. Elle souligne la nécessité de s’interroger sur l’ensemble des processus, qu’ils soient naturels ou anthropiques, et contribue à justifier la portée scientifique d’une approche transdisciplinaire dite intégrée. Elle vise plus précisément, par une caractérisation physico-chimique fine des matières et en particulier de la matière picturale, à questionner : leur nature, l’existence de recettes, le choix des matériaux, leur provenance, ainsi que la répartition des matières picturales en fonction des figures, de l’emplacement qu’elles occupent sur le panneau peint, dans la stratigraphie et dans le site.
L’abri Otello (Saint-Rémy-de-Provence, Bouches-du-Rhône) sera l’objet central de cette étude. Ce site majeur du sud de la France présente plus de 300 figures peintes et quelques figures gravées.
La combinaison de techniques non invasives in situ et d’analyses sur micro-prélèvements, utilisant des techniques de pointe (synchrotron, MEB-FEG), permet d’investiguer la matière avec précision, tout en garantissant le respect et l’intégrité des peintures. Les analyses élémentaires par spectroscopie de fluorescence des rayons X (XRF), réalisées avec l’instrument mobile MobiFlu, sont complémentaires des analyses de diffraction des rayons X (DRX) effectuées sur les lignes ID22 et ID13 de l’ESRF. La XRF permet, par exemple, de filtrer les éléments lors de l’identification des phases minérales par diffraction des rayons X sur les micro-prélèvements. Sa mobilité permet également de multiplier les points de mesure et d’assurer une certaine représentativité. La DRX sur les micro-prélèvements, quant à elle, permet d’étudier la stratigraphie avec précision, ce qui facilite notamment l’interprétation des résultats XRF (modèle multicouche).
Cette nouvelle approche permet non seulement de déterminer les phases composant la matière colorante (kaolinite, oxydes de fer et de titane), mais aussi de comprendre la stratigraphie (substrat calcaire, altérations de type sulfate et carbonate). Nous aborderons enfin la quantification et la discrimination de matières de teintes différentes mais de compositions chimiques et minéralogiques similaires.