Témoignages/Testimony

Dominique Givord nous a quittés. Toutes et tous nous avons d’abord admiré son intégrité rare, et les qualités humaines qu’il a mises au service de la Physique. Comme pour Primo Levi (je cite Le Système périodique), « La physique était pour lui de la prose : élégante gymnastique de l’intelligence, miroir de l’univers créé, clé du pouvoir de l’homme sur la matière » Il était à la fois passionné, brillant, et aussi concret, ce qui rendait les échanges avec lui particulièrement savoureux. Il était doté d’une large culture dans le domaine des propriétés électroniques des solides, ce qui a permis à ce spécialiste du magnétisme de construire une démarche et une stratégie, inscrites dans la continuité, qui ont été couronnées d’un succès national, comme international. D’abord au laboratoire Louis Néel qu’il a dirigé pendant de nombreuses années. Il arrive que de temps en temps se produisent un de ces appels d’airs, comme lors des rentrées des classes, qui marquent une communauté. Ce n’est pas forcément agréable, ce n’est pas, non plus, de tout repos de vivre et de travailler pendant de longs moments avec un tel collègue, quelque peu dérangeant, qui projette ses idées en avant, parvient à convaincre et à entraîner tout un groupe. C’est ce que Dominique a su réaliser. Très vite, son enthousiasme débordant, sa ténacité, mais également son attention, en particulier à l’égard des plus jeunes, ont emporté l’adhésion. Les pierres qu’il a alors posées les unes sur les autres au cours de ses mandats de directeur ont été soigneusement ajustées. La maison est solide et sa durée de vie est assurée, y compris pour construire de nouvelles configurations. La qualité de ses recherches lui a valu une reconnaissance, une renommée et un statut international. Au sein de CNRS également enfin il a eu un rôle essentiel, en particulier pendant son mandat dans la commission Propriétés électroniques des Solides du Comité National, depuis l’année 1995 jusqu’à l’année 2000. Le travail de cette commission, c’était d’évaluer les laboratoires qui lui étaient rattachés, de procéder aux recrutements des candidat(e)s chercheur(e)s, de proposer les noms des collègues susceptibles d’être promus, d’établir un dialogue constructif avec les membres de la direction de l’organisme, et enfin de réfléchir aux perspectives de la discipline et aux moyens qu’il fallait engager pour mettre en œuvre les objectifs choisis. Mener à bien cette mission ne pouvait reposer que sur la volonté collective des membres de cette commission de se mettre au service de tous les acteurs de notre communauté. Dominique, comme tous les autres membres de cette commission, chacune et chacun dans son domaine de compétence, a su travailler dans cet esprit et créer un climat de fraternité et d’amitié. Ce climat est toujours présent, il perdure depuis plus de vingt ans. Nous sommes reconnaissants à Dominique d’y avoir très largement contribué. Aujourd’hui nous devons lui dire adieu et être aux côtés de celles et ceux qui l’ont apprécié et aimé. En effet, il est bien énigmatique de devoir accompagner à sa dernière demeure un homme robuste qui aimait tant la vie. O Seigneur ! Fais à chaque homme don de sa propre mort, écrit quelque part le poète Rilke. Que veut-il dire par sa propre mort ? Sans aucun doute c’est une mort à l’image de ce que nous avons de plus singulier en nous-même, et nous pouvons croire que Dominique l’a eue, cette mort à lui . Une mort douce en effet car c’était un homme paisible, mais aussi une mort acceptée, une mort reconnue comme telle, car c’était un homme courageux et qui l’a vue venir. Maintenant il doit demeurer dans notre souvenir. Il vivra par nos souvenirs, par nos pensées. Pour terminer cet hommage citons Vladimir Jankélévitch : Celui qui a été ne peut plus, désormais, ne pas avoir été. Désormais, le fait mystérieux et profondément obscur d’avoir vécu, est son viatique pour l’éternité.

François Gendron
Pour les anciens de la mandature 1995-2000, pour la section 06 du CoNRS, Comité National de la Recherche scientifique

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J’ai eu la chance de côtoyer Dominique depuis ma thèse, il était alors directeur du laboratoire Louis Néel. Toujours de bons conseils, il a su me donner les bonnes idées (et il en avait beaucoup) aux bons moments. Dominique était un scientifique accompli, un grand nom du magnétisme en France, en Europe et dans le monde. D’une grande curiosité, il faisait facilement partager son enthousiasme aux autres chercheurs jeunes et moins jeunes. A ses qualités scientifiques, il faut ajouter ses qualités humaines : sa grande gentillesse et sa disponibilité. Toutes mes pensées vont à sa famille, à ses proches et ses amis.

Matthieu Jamet
CEA de Grenoble

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J ai appris avec une grande tristesse que Dominique venait de deceder . J aimai le rencontrer : un chercheur pertinent , elegant et toujours en action. Une grande perte pour nous tous. Toutes mes condoleances a ses proches. Ayant eu un deuil tres recent a Toulouse je n ai pas eu etre present Vendredi.
Nous avons pense a lui avec une grande emotion Jacques et Francoise Flouquet

Jacques Flouquet
CNRS

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Le laboratoire IRCER (Limoges) s’associe à l’Institut Néel dans ce moment douloureux et présente ses sincères condoléances à la famille de Dominique Givord.

Philippe Thomas
Directeur du Laboratoire IRCER

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