Accueil du site Presse et documents Prix Scientifiques 2007 - Dominique Givord Grand Prix Louis Néel

2007 - Dominique Givord Grand Prix Louis Néel

Dominique commença a travaillé avec Rémy Lemaire sur les intermétalliques de terres rares. L’avantage d’associer des éléments 3d et 4f dans des alliages, afin de combiner les meilleurs propriétés de chacun, venait tout juste d’être démontré dans le cas du SmCo5. Sa thèse concerna l’étude de la famille R2Fe17 — des composés qui reflètent bien l’ambiguïté du magnétisme du fer ainsi que la richesse des comportements des terres rares, en particulier pour les propriétés d’anisotropie et de magnétostriction. Ces composés, ainsi que d’autres cousins intermétalliques, sont alors devenus le centre d’activité d’une communauté de physiciens de par le monde.

Après son service militaire à Ugimag et un court séjour post-doctoral à « Oak Ridge National Laboratory », Dominique est retourné à l’ILL pendant plusieurs années avant de rejoindre le laboratoire de magnétisme, où il approfondit sa compréhension des processus d’échange, et surtout de coercivité dans les aimants métalliques. La découverte du Nd2Fe14B au Japon et aux Etats Unis en 1983 fut une révolution pour le magnétisme des aimants permanents. D. Givord coordonna alors les travaux sur les propriétés d’hysterésis au sein du « Concerted European Action on Magnets », la réponse européenne à ce nouveau défi, impliquant tous les acteurs académiques et industriels de l’Europe. Son explication du paradoxe de Brown, basé sur une idée visionnaire quant à l’existence d’un volume critique de nucléation, a non seulement expliqué le mécanisme de coercivité dans ces matériaux magnétiques durs, mais l’a conduit naturellement à une compréhension du magnétisme à l’échelle nanoscopique. D’élégantes expériences avec des multi-couches couplées magnétiquement ont donné lieu à un brevet sur les actuateurs magnétostrictifs et ont ouvert la voie pour ses remarquables contributions récentes sur le couplage d’échange dans les média d’enregistrement magnétiques ainsi que la modification du magnétisme par un champ électrique. Dominique a toujours cherché les applications utiles découlant de ses recherches sur le magnétisme. Les couches épaisses pour les microsystèmes, les champs pulsés miniatures ou encore le contrôle des plasmas de l’ablation laser par des champs magnétiques en sont parmi les exemples les plus marquants. Tout au long de sa carrière, Dominique Givord a oeuvré pour les communautés française et internationale du magnétisme. Il a dirigé le « Laboratoire Louis Néel » pendant 8 ans, de 1992 à 2000, puis a pris la responsabilité de la réorganisation du « Laboratoire National des Champs Magnétiques Pulsés » à Toulouse. Il est actuellement l’un des éditeurs du « Journal of Magnetism and Magnetic Materials », s’occupant ainsi d’un article par jour. Il est le président élu du comité de JEMS, ayant été l’organisateur de JEMS 2001 à Grenoble. Ses autres services à la communauté incluent la fondation de l’école d’été Franco-roumaine sur le magnétisme et l’assurance du secrétariat de la commission magnétisme de l’IUPAP. Il est aussi membre estimé des comités de plusieurs laboratoires européens.

Toute cette activité n’est possible que grâce à un enthousiasme soutenu et durable pour son sujet de prédilection. Il adore les discussions scientifiques ; l’entrain et l’agilité de sa pensée s’accompagne d’une élocution parfois très rapide. Il s’engage très ouvertement avec les jeunes, qui trouvent en lui un interlocuteur accueillant. Son attitude positive et responsable avec ses collègues et étudiants ont toujours su exacerber le meilleur d’eux-mêmes. D. Givord a collaboré avec plus de 200 scientifiques de tout horizon, qui ont en retour bénéficier de sa propre connaissance, de son humanisme et de sa bonne volonté.

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